Le Castrum ( XIIIème siècle )

À Nailloux, la vieille ville comprend 2 parties séparées par la Rue de la République : à l'Ouest, le castrum (quartier du vieux fort) avec sa porte Nord, l'église et sa place ; du côté Est, la bastide et ses rues parallèles. Une petite place et la halle séparent ces deux parties.Castrum, bourg castral : Bourg fortifié ou non, subordonné à l'existence d'un château et centre d'une juridiction seigneuriale (syn. : villa).
Construit dans la forêt royale de Nailloux : le castrum. Sont visibles aujourd’hui sa porte Nord, la place de l'église et l'église.

porche Nailloux 2Le fort,

sans doute d'origine romaine, date du XIIIe siècle. Il correspond au cœur le plus ancien du village. Entouré de fossés, il ne semble pas avoir été pourvu de murailles ; les murs extérieurs, aveugles, ont dû en tenir lieu. Sur le point le plus élevé de la colline, il comprenait une quarantaine de maisons (d'après le cadastre de l'année 1676) construites en hauteur, très étroites en façade, mais elles comptent deux étages, parfois trois. La place de l’église correspond à un moulon (pâté de maisons en occitan toulousain) qui depuis a été démoli (emplacement des maisons détruites).

Le château

, sans doute lui aussi du XIIIe siècle (évolution architecturale jusqu’au XVIIe), est le bâtiment le plus élevé du village : avec sa tour, il domine toute l’agglomération. Traditionnellement dénommé château, il est constitué de murs de grande épaisseur qui semblent confirmer ce statut. Aucun élément précis ne permet d’effectuer une datation précise.

L'église Saint Martin 

à clocher mur est un très bel édifice, datant de la fin XVe - début XVIe siècles, du même type que celle de Montgeard, une église du pastel, de style gothique méridional (austérité des constructions - utilisation de contreforts à la place d’arcs boutants - ouvertures rares et étroites), avec une nef unique et des chapelles latérales. La voûte a été restaurée en 2011. Cette église date donc de l’âge d’or du pastel, une cloche est datée de 1498.

 

 

Nailloux façade maison et egliseLe clocher actuel,

 datant du XVIIIe siècle, est typique du Lauragais. Il s’agit d’un clocher-mur (mur pignon triangulaire) abritant cinq baies campanaires (cavités dans le clocher dans lesquelles sont suspendues les cloches – cloche se dit campana en occitan). Il est très haut et permet une observation des collines lauragaises voisines dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres : on aperçoit ainsi, au nord, le clocher de Caraman. Il est inscrit à l’inventaire supplémentaire des MH depuis 1926. Le clocher primitif, datant sans doute de la fin du XVe siècle, est abattu par la foudre en 1730. En 1780, il sera entièrement reconstruit et l’église agrandie.

À gauche du chœur, on peut voir des panneaux d'albâtre : cinq bas-reliefs en albâtre (roche tendre voisine du calcaire) de Nottingham, en Angleterre, du XVème siècle, représentant les Scènes de la Passion (Flagellation, Arrestation du Christ, Crucifixion, Mise au Tombeau, Résurrection). Quelques fragments de peinture sont encore visibles.

 

L’autel du XVIIIe siècle

est un fragment, plus précisément la moitié, de l’autel de l’Abbaye cistercienne de Boulbonne située sur la commune de Cintegabelle. Boulbonne est une abbaye de l’ordre de Citeaux, fondé par Saint Bernard au XIIe siècle. Aux XIIe et XIIIe siècles, elle est le lieu d’inhumation des puissants comtes de Foix, célèbres pour leurs combats dans la croisade contre les Albigeois (1209-1229). L’autre moitié de l’autel est conservée dans l’église de Cintegabelle. En 1792, l’autel de Boulbonne-Cintegabelle est partagé en deux parties lorsque l’abbaye est vendue comme bien national, et les populations très catholiques de Cintegabelle et Nailloux en réclament une moitié. L’autel est une table en marbre rouge provenant de Caunes-Minervois, au nord de Carcassonne. Ce matériau a également servi à construire les colonnes du Capitole à Toulouse et le palais du Petit Trianon, à Versailles.

Les stalles du chœur du XVIIe siècle (rangées de sièges liés les uns aux autres et alignés le long des murs du chœur des cathédrales ou églises collégiales ou abbatiales, divisant les moines ou chanoines en deux groupes pour le chant, alternative des psaumes de l’office divin, ils ont la caractéristique de permettre deux positions : ou bien assise ou bien debout avec appui sur une miséricorde) proviennent de l'Abbaye de Boulbonne. Cette origine illustre explique la richesse de ses sculptures. En effet, les stalles sont sculptées, notamment de têtes humaines, sur les miséricordes (petites consoles en bois sculptées sous la sellette à abattants d’une stalle de chœur).

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Passage devant la Statue de Marianne
1905 : symbole de la République : sa date correspond aux luttes qui ont abouti à la séparation des Églises et de l’État. C’est vraisemblablement une municipalité républicaine qui fait édifier ce monument.

La Bastide : 1318

À l'Est du fort primitif, on découvre donc le quartier d'extension du castrum : la bastide de 1318 et ses 4 rues parallèles.

La bastide est l'un des éléments distinctifs de notre Lauragais. On en compte une quinzaine c'est-à-dire la plus forte densité de tout le Sud-ouest de la France (400 bastides de Bordeaux à Carcassonne).

Ce nom désigne en fait une agglomération neuve, un lieu « bastit », un village nouveau (Villenouvelle), avec des habitants bénéficiant de privilèges ou de franchises (Villefranche).
1318 à Nailloux : création de la bastide avec une charte de franchises (charte de peuplement réglementant la venue des nouveaux habitants, l’attribution de lopin de terre, la vie des personnes, leur statut, les mœurs…).

Les bastides sont créées dans une nature vierge, à Nailloux une forêt.
Le plan orthogonal de "la vila" (un rectangle plus ou moins étiré), préalablement dessiné sur le sol, détermine le tracé des rues d’une largeur constante (bien droites recoupées par d’autres voies rectilignes), des murailles d'enceinte avec les 2 ou 4 portes fortifiées (une porte d'auta - du côté du vent d'autan à l'est - et une de cers - vent d'ouest -, de midy, d’aquilon), un emplacement pour la future église, enfin et surtout la place pour le marché, avec une halle couverte, et parfois des galeries (appelées garlandes à Revel), un beffroi (où siègent des consuls et la cloche qui annonce leurs réunions). Des murailles et/ou des fossés protègent la nouvelle ville.

Entre les rues, le sol est divisé en lots d’une superficie toujours régulière et identique avec une façade sur la rue pour la maison d’habitation et un vaste potager (souci de vivre en auto-consommation). Ce parcellaire est encore bien visible à Nailloux, dans les quatre rues parallèles de la bastide, dont la rue de la boucherie. Au XVIIIe siècle, c’est le quartier des artisans et de nombreux tisserands (textiles végétaux – lin chanvre laine…) y logent notamment. La situation sociale s’inverse aux siècles suivants et, jusqu’en 1940, ce quartier est considéré comme pauvre.
A Nailloux comme dans plusieurs anciens castrum et sauvetés, on observe d’importants symboles : le fort ou l’église ne sont pas au cœur de la bastide, le pouvoir seigneurial ou ecclésiastique, qui avait créé les castrum et sauvetés, est écarté. La réalité du pouvoir est entre les mains des consuls (Revel), des bourgeois, des commerçants, des pasteliers (Nailloux).

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Passage devant le Foyer Saint-Martin, XVIIIe siècle
Cette maison en brique et pierre, qui s’ouvre sur une grande cour, est habitée, au XVIIIe siècle, par un des nombreux coseigneurs de Nailloux. Aujourd’hui, propriété d'une association. Façades et toitures, salon intérieur avec son décor de gypserie (décoration moulée et sculptée en gypse=poudre de plâtre - très utilisée en Provence – présente du Moyen-âge jusqu’à la Révolution Française – dans les maisons, châteaux, hôtels particuliers), inscrits à l’inventaire supplémentaire des MH en 1985.
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Renvoi vers la Fontaine Saint-Méen - XVIIIe siècle
Dédiée à St Méen, elle fait l’objet d’un très ancien pèlerinage : ses eaux sont réputées pour guérir les maladies de la peau.

Autres curiosités à voir

> Mairie - 1884 : ancienne école avec 2 classes / A voir : bronze commémorant le Bicentenaire de la Révolution
> Quartier de Laytié, qui correspond à l’ancien village de Viviers, route de Villefranche : dans cette rue, plusieurs maisons basses du XVIIIe siècle, composées d’un rez-de-chaussée à deux pièces et probablement construites par un petit propriétaire ou un artisan comme au numéro 14 de la rue, forment un contraste avec les maisons bourgeoises.
> Le calvaire de Soucale - XVIIIe siècle : situé à l’emplacement d’une église et d’un cimetière qui ont aujourd’hui complètement disparu. Comme tous les calvaires, il témoigne d’un évènement du passé ou de la disparition d’un bâtiment. Il est situé à 3 km du village sur la route de Caussidières. .
> Poids public

 

http://www.lauragais-tourisme.fr/decouvrez-le-pays-lauragais/culture-et-patrimoine